Comment la graphothérapie a aidé mon enfant.

Comment la graphothérapie a aidé mon enfant.

Écriture peu lisible et non alignée, mains crispées sur le stylo, écriture lente, douleurs au poignet, rejet des activités de « motricité fine », découragement et perte de confiance en soi. C’était la réalité quotidienne de mon fiston (il a 8 ans aujourd’hui) …Comment l’aider, lui qui est si créatif et qui a tant de choses à raconter ? Notre premier réflexe a été de lui dicter des lignes de texte, et de lui faire faire des exercices répétitifs de tracés de lettres cursives. Les cahiers d’écriture que nous utilisions étaient très bien conçus, mais je craignais de le dégouter définitivement des dictées et du crayon.

Rien n’y faisait, même pas les stylos ergonomiques censés lui apporter un confort et une aisance dans l’écriture. Malgré notre volonté de l’aider et sa grande motivation, quelque chose nous échappait…

La solution ?

Je suis tombée par hasard sur l’article d’une graphothérapeute qui présentait des résultats spectaculaires (Avant/Après) sur l’évolution de l’écriture d’un enfant qu’elle accompagnait dans la rééducation de son écriture. Je me suis donc mise à la recherche d’une graphothérapeute dans mon secteur, car l’écriture présentée dans l’article m’était très familière…Un graphothérapeute ?! Mais qu’est-ce que c’est ? Le graphothérapeute est un professionnel spécialisé dans la rééducation de l’écriture.

Je vous laisse juger des progrès réalisés par mon champion après quinzaine de séances depuis la rentrée de septembre dernier.

En réalité, ces lignes n’ont pas été écrites dans le même contexte. Le paragraphe du haut a été rédigé en classe, et celui du bas, à la maison sans contrainte de temps. Notons néanmoins une meilleure maîtrise de l’espace et une formation des lettres plus harmonieuse.

RDV dans quelques mois pour voir comment l’écriture d’Amaury aura évolué. Il est déjà très fier des progrès visibles accomplis.

En attendant, faisons plus ample connaissance avec Céline Bureau, la graphothérapeute qui accompagne mon fils à St Leu La Forêt, dans le Val D’Oise.

Comment êtes-vous arrivée à cette profession ?

Mon intérêt pour la graphothérapie est lié à mon parcours professionnel. J’ai enseigné durant 15 ans en maternelle, essentiellement en petite et moyenne section. Ces niveaux sont particulièrement importants dans la mise en place de multiples
compétences qui vont permettre le bon développement du geste graphomoteur. A cet âge, l’enfant développe des habilités motrices globales qui lui permettront d’avoir un geste graphique précis et contrôlé. Il commence à reproduire des formes
et fait ses premiers essais d’écriture. Afin d’améliorer ma pratique de classe, de proposer des activités cohérentes et d’aider les élèves en difficulté (mauvaise tenue du crayon, difficulté à reproduire les formes…), j’ai réalisé de nombreuses recherches. C’est au cours de celles-ci que j’ai découvert la graphothérapie et décidé de me former, afin de compléter mes connaissances et d’avoir des outils supplémentaires pour aider mes élèves. A la suite de cette formation, j’ai cumulé un certain temps la graphothérapie et l’enseignement. Aujourd’hui je me consacre entièrement à la graphothérapie.

Quand conseillez-vous de consulter ?

Les raisons de consulter sont multiples. Elles concernent :

  • L’aisance : l’écriture est inconfortable, elle provoque des douleurs dans la main, le bras, le dos, elle est fatigante, écrire génère du stress…
  • La lisibilité : les cahiers sont mal entretenus, sales, raturés, l’espace est mal géré, le respect des lignes est difficile, les lettres sont mal formées, l’enseignant a du mal à corriger le travail, les leçons sont difficiles à relire et donc à apprendre…
  • La vitesse : les leçons ne sont pas copiées intégralement, les exercices ne sont pas terminés, la qualité se dégrade au fil du texte…

Chez les jeunes enfants (Grande section et CP), il est utile de consulter lorsque la tenue du crayon pose problème ou que l’enfant rencontre des difficultés à reproduire les formes et les lettres. Cela évite aux difficultés de s’installer.

Comment se déroulent les séances ?

Un bilan initial d’environ 2 h permet de faire le point sur les difficultés rencontrées et d’établir un plan de rééducation adapté à chacun. Chaque rééducation est personnalisée et dépend des difficultés, de la personnalité et de l’âge de la personne concernée. Selon les cas, les exercices viseront à travailler :

  • Les pré-requis indispensables à l’écriture : contrôle postural, dissociation des différentes parties du bras, coordination œil/main,
  • La détente du geste,
  • La forme des lettres,
  • L’espace graphique,
  • La vitesse/le rythme,

Il ne s’agit en aucun cas de faire des lignes d’écriture. Cela se fera à travers d’exercices ludiques utilisant des supports et des outils variés (exercices graphiques, sur tableau blanc, dans le sable, à la peinture, au feutre ou à la craie…). Il faut surtout réconcilier l’enfant avec son écriture, dédramatiser, revaloriser et restaurer l’estime de soi. On ne vise pas « la belle écriture » mais une écriture lisible, confortable, et assez rapide pour suivre en classe.

Combien de séance pour un résultat visible ?

Le nombre de séances est très variable et dépend des difficultés rencontrées, de la motivation et d’éventuelles difficultés associées (dysorthographie, dyslexie, trouble attentionnel…). Pour certains, cinq séances suffiront, pour d’autres le chemin sera plus long. Pour la plupart des rééducations, il faut compter une quinzaine de séances.

Quels sont les retours des enfants et de leurs parents ?

Les bénéfices de la graphothérapie vont souvent bien au-delà d’une simple amélioration de l’écriture. L’enfant retrouve/trouve le plaisir d’écrire, il reprend confiance en lui. L’écriture n’est plus une source de tension notamment au moment des devoirs. Les parents font régulièrement mention d’une évolution positive du comportement en général.

Recevez-vous également des adultes ?

J’en reçois très peu, mais la graphothérapie s’adresse également aux adultes qui ne sont pas à l’aise avec leur écriture et peuvent être gênés dans leur vie personnelle ou professionnelle : douleur, crampe, manque de lisibilité, honte de laisser des écrits,
écart entre leur écriture et leur personnalité… Il existe également une spécialisation en graphothérapie clinique et pathologique qui traite plus spécifiquement les troubles de l’écriture en lien avec une pathologie neurologique (AVC, maladie dégénérative) ou avec un accident de la main.

Quels sont vos tarifs ?

Le bilan initial est à 150 euros, les séances de 45 min à 40 euros. La graphothérapie n’est pas prise en charge par la sécurité sociale, mais peut être partiellement remboursée par certaines mutuelles.

 

Ecriture, Graphie

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